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21.06.2008
LA CARTE DE L'APPRENTISSAGE POUR LA RENTREE 2008
A l’occasion de la dernière session du Conseil régional, le jeudi 27 mars, consacrée largement à la formation, Miguel de Peyrecave, au nom du Groupe front National est intervenu sur deux dossiers importants : la carte régionale de l’apprentissage pour la rentrée 2008 et le bilan et projets du plan régional de développement des formations. Voici le texte de ses interventions.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,
Je ferai simplement 2 observations : la première , vous rappelez dans ce rapport que votre objectif est de réduire fortement le nombre de jeunes qui quittent le système éducatif sans qualification reconnue. Vous avez raison .Mais quand, pendant des années, on reprend cet objectif c’est qu’on ne l’a pas atteint.C'est donc un aveu d'échec. Même s’il est vrai que notre système éducatif est le premier responsable de cet immense gâchis psychologique et financier que constituent des milliers d’élèves laissés sur le bas-côté du cursus scolaire.
Pourtant il y a des réponses, il y a des solutions : orientation positive vers les métiers manuels, meilleure rémunération de ces professions, apprentissage à quatorze ans etc., mais vous n’avez jamais voulu y recourir. C’est la raison pour laquelle vous vous retrouverez toujours avec ce même constat et que vous renouvellerez ce même objectif sans jamais l’atteindre.
Par ailleurs, vous rappelez également votre objectif de 50 % des effectifs en niveau 4 et plus à l’horizon 2010. Or nous ne sommes pas persuadés que ce soit là une bonne chose. Il y a de plus en plus d’ingénieurs et de cadres au chômage ou qui ne retrouvent du travail qu’en acceptant un emploi très en dessous de leurs compétences tandis que nous manquons de plus en plus de techniciens et d’artisans. Comment veut-on que ne soient pas aigris des jeunes que l’on force à entamer des formations supérieures et qui, une fois leur diplôme obtenu, se voient contraints d’accepter un emploi correspondant à leur qualification antérieure !
Il faut au contraire faire porter l’effort sur les formations de niveau 5 et augmenter la sélection pour l’entrée dans les formations supérieures afin que pour ceux qui en bénéficient ce soit une réelle promotion et non une voie de garage.
Le grand avantage de l’apprentissage est que la formation est dispensée par des professionnels et que cela colle davantage aux besoins de la profession. Que la région ne vienne donc pas fausser le jeu avec son présupposé idéologique qui veut que les métiers intellectuels sont supérieurs aux métiers manuels.
Nous concluons en saluant la régionalisation du CFA des compagnons du devoir qui représentent l’excellence en matière de formation professionnelle. Mais nous nous étonnerons de la suppression de la mention complémentaire de maintenance de moteurs diesel alors que de plus en plus de voitures sont équipées de moteurs diese
Le bilan et projets du plan régional de développement des formations. Voici le texte de ses interventions.
M. le Président , Mesdames et Messieurs, ce document n’est qu’une communication, il n’engage aucune décision et vient conforter l’autosatisfaction qui émane des acteurs du Plan Régional Des Formations et de l’exécutif de la région. Tout va très bien madame la Marquise.
Pourtant, comme le fait le CESR, on peut s’interroger sur la valorisation des études et diagnostics qui ont été menés jusqu’à présent. Ont-ils servi de levier pour faire évoluer les choses, notamment dans le domaine de la formation initiale ? Non. On constate toujours un déphasage entre les objectifs du PRDF et les décisions prises par l’état dans l’élaboration de la carte de formation professionnelle.
Le problème en France est qu’on ne sait pas qui fait quoi : l’état procède à des réformes sans se soucier de leur application et les régions qui veulent jouer le contre-pouvoir se trouvent en porte-à-faux plus ou moins volontaire pour les appliquer ou ne pas les appliquer.
Parmi les objectifs à atteindre, vous parlez de régler les problèmes de l’insuffisante maîtrise des savoirs de base, c’est-à-dire lire, écrire, compter. Mais ce n’est pas de notre compétence . Certes, la région pourrait s’en charger à condition de faire pression sur l’Etat pour pallier cette lacune dont les raisons connues sont les suivantes
-le parti pris idéologique qui maintient la méthode globale ou semi -globale dans l’apprentissage de la lecture et qui conduit ainsi à 20% d’illettrés,
-l’accès en France de milliers d’immigrés sans que soit vérifiée leur connaissance de la langue française.
Tant que ces deux causes n’auront pas été réglées les organismes de formation auront de beaux jours devant eux. Jackpot pour les uns ,tonneaux des danaïdes pour nous .
Une remarque sur le chantier numéro deux c’est-à-dire la réduction des décrochages. Mais une fois de plus, la région subit les conséquences de l’impéritie de l’éducation nationale. En effet, ce qu’on appelle pudiquement « décrochage » provient souvent d’une ou de plusieurs erreurs d’orientation, du système du collège unique, des classes hétérogènes . Le refus de valoriser le mérite, l’effort et les métiers manuels favorisent le décrochage.
Une excellente mesure avait été adoptée par le gouvernement Villepin : l’avancement à 14 ans de l’âge du début de l’entrée en apprentissage. C’était une heureuse initiative qui permettait d’enseigner plus tôt un vrai métier à tant de jeunes qui n’avaient ni le goût ni la compétence pour des études trop abstraites et dont l’obligation scolaire leur faisait prendre l’habitude du décrochage. Un gâchis psychologique et financier inimaginable. Or cette mesure a été boycottée par la région, par la gauche et le gouvernement est revenu sur cette unique et heureuse initiative. Tant pis si cela allait créer de nouvelles générations de décrocheurs.
Avant de colmater activement la fuite de ces décrochages, tachons de régler le problème à la source, à l’origine. A condition que ce soit dans nos compétences..
Le chantier numéro 3 sur la prévention des inégalités est marqué par l’esprit de système et l’idéologie. Car autant il est légitime de combattre les inégalités ou discriminations qui seraient arbitraires, autant il est illusoire de vouloir niveler au nom de l’égalitarisme. Vouloir à toute force orienter des jeunes filles vers des métiers traditionnellement masculins et des garçons vers des métiers traditionnellement féminins entraînera davantage de décrochages donc de chômage. On ferait mieux de s’intéresser aux métiers qui ne sont pas pourvus, hôtellerie, bâtiment, alimentation etc. On pourrait aussi s’interroger sur la présence massive des jeunes filles dans certains secteurs (le droit 80 %, la médecine 70 %, l’enseignement 70 %) une omniprésence que je ne conteste pas car elle est due essentiellement au mérite, au travail et à la compétence. Mais une présence massive qui a des conséquences importantes qui n’ont pas été analysées.
De plus, sous cette même rubrique, on voit s’ajouter maintenant la lutte contre les prétendues discriminations liées à l’origine et l’on voit resurgir l’arme absolue, l’antiracisme. Il faut le dire, la discrimination liée à l’origine n’existe pas en France Elle a été inventée de toutes pièces pour justifier et imposer une politique d’immigration choisie ou massive. En somme, votre charte de la diversité, votre aide aux entreprises qui l’ appliqueraient, correspondent à la mise en place d’une sélection qui ne s’appuierait pas sur le mérite ou la compétence mais sur l’origine ethnique. Cela est contraire aux principes républicains que vous ne cessez de rappeler à longueur de journée.
A propos de l’action prioritaire 4 nous ferons une observation sur la situation du personnel sanitaire, notamment les infirmières . Si les besoins annuels sont de 950 et que 20 à 30 % abandonnent en cours d’études, la logique voudrait qu’on monte à 1350 le nombre de places en école d’infirmières. Or il n’en est rien, la région le laisse aux alentours de 1100. Il manquera donc 200 infirmières chaque année en raison des lacunes dans la formation prévue par la région. Et vous ferez au plan régional la même erreur/faute que l’Etat qui n’a pas assez recruté d’étudiants en médecine et se trouve maintenant face à une pénurie dramatique .
Pour suppléer cette carence, vous ferez peut-être appel à l’immigration choisie de Nicolas Sarkozy. Or nous pensons qu’il est scandaleux de piller ainsi les élites du tiers-monde dont les besoins en personnel sanitaire sont bien plus criants que ceux de la région Centre. Sans compter que cela se fait au détriment des jeunes de la région centre, privés de formation sanitaire par une politique qui va droit dans le mur.
En conclusion, comme d’habitude (les meilleures intentions cotoient les pires pratiques). La confusion des compétences, l’idéologie, le refus du réel, la pression de certains lobbies, l’absence de sens économique conduisent le PRDF droit dans le mur, mais ce ne sera pas perdu pour tout le monde. Certains organismes de formation sauront transformer ces généreuses intentions en profits juteux . On peut en être certain .
Miguel de Peyrecave.
18:21 Publié dans FORMATION PROFESSIONNELLE ET APPRENTISSAGE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : orleans, dreux, bourges, chateauroux, blois




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